silex et un assortiment de galets charriés par les glaciers. Le climat est très particulier, avec un printemps long et pluvieux, et un été sec et ensoleillé qui se prolonge très tardivement dans l'année. La haute altitude expose les vignes aux gels de Printemps, c'est pourquoi les vignes sont cultivées en hautains, c'est à dire sur des échalas allant jusqu'à 1,5 voire à 2 mètres du sol, en se répartissant de part et d'autres sur du fil de fer, de telle sorte que les pousses portant les fruits soient le plus éloignés du sol et des poches d'air basses et glacées. Ici, plus qu'ailleurs, le millésime revêt une importance particulière, surtout pour la production de Jurançon moelleux qui requièrent une surmaturation tardive par passerillage sur pied. Traditionnellement, les vins de Jurançon ont toujours été doux, mais les caprices du climat entraînent des différences marquées de qualité et même de style d'une année à l'autre, c'est pour cette raison qu'une production de vins secs a vu le jour parallèlement aux vins blancs moelleux traditionnels, issue essentiellement du cépage gros manseng et d'une faible proportion de petit courbu. La latitude autorise des vendanges tardives qui se poursuivent parfois jusqu'en novembre et décembre. La saison durant laquelle le raisin mûrit est si sèche qu'elle n'encourage pas le développement du botrytis, d'autant plus que le petit manseng, le cépage le plus utilisé pour la production des Jurançons les plus liquoreux, possède une peau épaisse que la pourriture noble ne peut pénétrer facilement, donc il serait faux de croire que le caractère d'un Jurançon provient de la pourriture noble. L'histoire de ce vignoble remonterait à l'an 988, mais c'est certainement la création d'un canal à l'embouchure de l'Adour et l'ouverture de Bayonne au commerce qui donnèrent l'élan à la production vinicole. Le renom d'Henri IV ajouta à la réputation de ces vins et le parlement édicta des lois pour les protéger. Les écrivains tout comme les princes ont fêté ce vin. Colette écrivit : « Je fis, adolescente, la rencontre d'un prince enflammé, impérieux, traître, comme tous les grands séducteurs : le Jurançon.» La petite propriété familiale du domaine Bordenave est constituée de 8 Ha plantés en flancs de coteaux argilo-limoneux. La notoriété du domaine s'accroît de jour en jour, sous l'impulsion de Gisèle Bordenave, œnologue formée à l'institut œnologique de la faculté de Bordeaux. Elle obtint une médaille d'or au Concours général agricole de Paris dès la première année, quand elle reprit la propriété de son père Pierre. Derrière l'œnologue se cache aussi une personnalité doublée d'une âme d'érudite à ses heures, comme en témoignent ses dernières cuvées illustrées de citations d'écrivains, Colette évidemment plus que les autres. |