Château Figeac
Château Figeac, premier grand cru classé A de Saint-Émilion, propriété de la famille Manoncourt : terroir de graves, style, millésimes, notes et prix.
Château Figeac
Château Figeac, premier grand cru classé A de Saint-Émilion, propriété de la famille Manoncourt : terroir de graves, style, millésimes, notes et prix.
Chargement...
Les autres appellations de la région Bordeaux
Le nom du domaine remonterait à une villa gallo-romaine, Figeacus, installée sur ces collines de graves bien avant que Saint-Émilion ne devienne une cité. Des vignes y poussent dès le Moyen Âge, quand le lieu devient seigneurie, tenue par la famille Decazes puis, par un mariage, par les Carle. Le château que l'on visite garde des traces de cette histoire ancienne : la façade fin XVIIIe siècle, les piliers de la cour d'honneur liés par une grille en bois, un fronton dont les flots rappellent les exportations par la mer.
La comtesse Félicité de Carle-Trajet vend les premières parcelles du grand domaine en 1832, après un revers de fortune. Une bonne partie du vignoble de Saint-Émilion, y compris certains voisins prestigieux de la rive droite, est née de ce démembrement. Château Figeac occupe le cœur de l'ancien domaine, autour de ses trois collines de graves.
Henriette de Chèvremont et son mari André Villepigue rachètent la propriété en 1892, poussés par leur ami Albert Macquin, ingénieur agronome réputé pour son rôle dans la lutte contre le phylloxéra. La famille ne quittera plus les lieux. Un petit-neveu, Robert Villepigue, dessine l'étiquette du château, restée quasiment inchangée depuis.
Thierry Manoncourt, ingénieur agronome, s'installe à Figeac en 1947 pour rendre service à ses parents, « pour un an » disait-il. Il y reste soixante ans. Le Bordelais l'appelle le pharaon de Saint-Émilion : premier jurat pendant vingt-trois ans, officier de la Légion d'honneur, il impose sa vision du grand vin sur plus de soixante millésimes et choisit le premier l'encépagement singulier qui fait toujours l'identité du château, dominé par les cabernets. Son épouse, Marie-France Duboÿs de Labarre, l'épouse en 1956 et fait de l'accueil à Figeac un art de vivre.
Le classement 2022 des grands crus de Saint-Émilion élève la propriété au rang de premier grand cru classé « A », une distinction jugée sur quinze millésimes et la reconnaissance d'un style construit depuis le classement fondateur de 1955. Thierry Manoncourt, lui, disparaît en 2010 à la veille de son soixante-cinquième millésime : ses enfants et petits-enfants reprennent le flambeau.
Sur la rive droite de la Gironde, à Saint-Émilion même, le vignoble de Figeac s'étend sur 54 hectares d'un seul tenant, entièrement classés premier grand cru classé. Une bonne partie de la propriété, près d'un quart, reste volontairement sans vignes : bois, haies, étang et cours d'eau forment treize hectares d'îlots de fraîcheur qui protègent le domaine des excès du climat. Château-Figeac tient là son surnom de poumon vert de Saint-Émilion.
Le terroir est une exception géologique dans cette appellation d'ordinaire tournée vers le calcaire et l'argile : trois croupes de graves günziennes, riches en quartz et en silex, sur plusieurs mètres d'épaisseur, avec des argiles bleues en sous-sol. C'est cette mosaïque de graves qui a poussé Thierry Manoncourt à planter un vignoble largement dominé par les cabernets, du jamais-vu à cette échelle sur la rive droite. Cabernet sauvignon et cabernet franc occupent près des deux tiers de la surface, le tiers restant en merlot. Le cabernet sauvignon apporte la structure et cette allure presque médocaine qu'on prête souvent à Figeac ; le cabernet franc, la finesse aromatique et les notes florales ; le merlot, la rondeur et le fruit immédiat qui adoucissent l'ensemble.
L'équipe conduit une parcelle de sélection massale de 0,65 hectare pour préserver le patrimoine génétique des plus vieux pieds, dans les trois cépages. Le domaine pratique le labour à cheval sur la moitié du vignoble, un choix qui respecte les sols et les racines. Château-Figeac est inscrit réserve de faune et de flore sauvages depuis 2013, certifié ISO 14001 depuis 2015 dans le cadre du premier système de management environnemental du vignoble bordelais, et labellisé HVE (niveau 3).
Le nouveau chai, ouvert en 2021, a été pensé pour la précision : cuvier gravitaire semi-enterré, huit cuves en chêne français certifié disposées en cercle, quarante cuves tronconiques en inox pour les vinifications parcellaires et intra-parcellaires, et un cuvier dédié à la recherche. La vinification se fait sans ajout de soufre, par infusion douce, sans pigeage, pour préserver la fraîcheur du fruit et la texture des tanins. L'élevage dure autour de dix-huit mois, très majoritairement en barriques neuves, et la mise en bouteille se fait au château. Le grand vin prend environ les trois quarts de la récolte certaines années, le reste allant à Petit-Figeac.
Le style de Figeac tient de sa position à cheval entre les deux rives : la matière et le fruit du Libournais, la structure et la tenue tannique qu'on associe plutôt au Médoc. Le nez mêle souvent fruits noirs et fruits rouges, cassis, mûre, parfois violette et une pointe de tabac, avec cette signature graphite et pierre à fusil que les cabernets impriment sur le terroir de graves. En bouche, les tanins sont fins mais bien présents, la fraîcheur saline traverse la finale, et la longueur est de celles qui donnent envie d'attendre encore quelques années avant d'ouvrir la bouteille suivante.
Les critiques internationaux suivent Figeac de près, et les notes en témoignent. Le millésime 2020 atteint la perfection chez James Suckling ; William Kelley, pour Wine Advocate, le tient pour le plus beau vin jamais mis en bouteille par la propriété depuis sa renaissance, et lui accorde lui aussi la note maximale. Le 2016 décroche un 100 par Neal Martin, pour qui il rejoint les mythiques 1947 et 1949. Le 2022, premier millésime sous l'étiquette premier grand cru classé « A », impressionne à son tour : Jeb Dunnuck lui donne un 100 et parle d'« un vin absolument légendaire », quand Jane Anson, pour Inside Bordeaux, salue un 98 d'une grande précision. Le 2015 n'est pas en reste : 100/100 chez Decanter sous la plume de Jane Anson, 97 pour Vinous.
Château Figeac est régulièrement dégusté par Wine Advocate, Vinous (Antonio Galloni et Neal Martin), James Suckling, Jeb Dunnuck, Decanter, Jancis Robinson, Wine Spectator ou encore Bettane & Desseauve. Depuis le classement 2022, Figeac appartient au tout petit cercle des premiers grands crus classés « A » de Saint-Émilion, aux côtés du seul Château Pavie. Le nom de Figeac rejoint, dans l'histoire de ce rang suprême, celui de Château Cheval Blanc et Château Ausone, deux propriétés qui l'ont elles aussi porté. Les prix, comme les millésimes disponibles et leurs notes, sont affichés plus haut sur cette page : nous vous laissons comparer selon votre budget et vos envies de garde.
Petit-Figeac est né en 1945, sous le nom La Grange Neuve de Figeac, l'un des tout premiers seconds vins de Bordeaux. Thierry Manoncourt voulait déjà une sélection qualitative stricte, et rien n'a changé depuis : le second vin de Figeac ne provient que des parcelles du domaine, jamais d'un achat de raisin extérieur. Il porte le nom de Petit-Figeac depuis le millésime 2012.
La sélection se joue au moment de l'assemblage, entre les cuves qui n'entrent pas dans le grand vin. Petit-Figeac garde tout le savoir-faire de la maison, mais dans un registre plus léger, avec une texture fine et un charme qui se révèle plus tôt en bouteille que sur le grand vin. C'est une belle porte d'entrée dans l'univers de Figeac, à un tarif plus abordable, pour qui veut découvrir le style de la propriété sans attendre une décennie.
Château Figeac est taillé pour la garde. Les grands millésimes se gardent sans mal trois à quatre décennies, parfois davantage : le 2016 est annoncé par certains critiques pour quarante ans et plus, et le 1949, toujours goûté en verticale à la propriété, prouve que le potentiel est réel. Les millésimes plus solaires ou plus généreux, comme 2015 ou 2020, s'ouvrent un peu plus tôt sans perdre en profondeur.
Pour un achat destiné à boire dans l'année, nous conseillons de privilégier un millésime déjà entré dans sa phase de plénitude plutôt qu'un vin tout juste mis en bouteille, encore fermé sur des tanins serrés. Pour la cave, les grands millésimes classés « A » depuis 2022 ont clairement la capacité de patienter le plus longtemps. Vous trouverez plus haut sur cette page les millésimes disponibles, avec leurs notes, pour affiner votre choix selon votre horizon de dégustation.
Un vin d'une telle structure appelle une viande rouge de caractère : une côte de bœuf grillée, un carré d'agneau rosé, ou un gigot pour les grandes tables. Le gibier à plumes, comme le faisan ou la pintade rôtie, s'accorde tout aussi bien, de même qu'un magret de canard aux baies noires, un clin d'œil au fruit du vin. Sur des plats plus locaux, un confit ou une entrecôte bordelaise trouvent naturellement leur place à côté d'un verre de Figeac.
Nous vous conseillons un carafage d'une à deux heures sur les millésimes jeunes, moins nécessaire sur les bouteilles déjà mûries en cave, dont les tanins se sont assouplis avec le temps.
Le prix du Château Figeac varie fortement selon le millésime et son classement en premier grand cru classé « A » depuis 2022, qui a naturellement tiré la cote vers le haut. Le tarif est celui d'un grand cru classé de Saint-Émilion, nettement au-dessus d'un second vin comme Petit-Figeac. Les prix et millésimes disponibles sont affichés plus haut sur cette page.
La famille Manoncourt est propriétaire du Château Figeac depuis 1892, quand Henriette de Chèvremont et son mari André Villepigue rachètent le domaine. Thierry Manoncourt, arrivé en 1947, a donné au château son style propre et son encépagement si particulier, dominé par les cabernets. Ses descendants dirigent toujours la propriété.
Depuis le classement 2022, Château Figeac occupe le rang de premier grand cru classé « A » de Saint-Émilion, le plus haut de l'appellation, aux côtés du seul Château Pavie. Le château figurait déjà parmi les premiers grands crus classés dès la création du classement, en 1955. C'est la reconnaissance d'un travail mené sur plusieurs générations, jugé sur quinze millésimes par la commission de dégustation.
À Saint-Émilion, sur la rive droite de la Gironde, se trouve le vignoble de Château Figeac, un seul tenant de 54 hectares au cœur de l'appellation. Le terroir, une mosaïque de graves sur argiles bleues, est considéré comme une exception géologique dans cette appellation plutôt calcaire. Une bonne partie du domaine, non plantée en vigne, reste un espace naturel protégé.
Château Figeac fait partie des vins les mieux notés de Saint-Émilion, avec plusieurs millésimes récompensés par la note maximale chez des critiques comme James Suckling ou Wine Advocate. Sa régularité, millésime après millésime, et son classement en premier grand cru classé « A » depuis 2022 confirment ce niveau. Selon nous, c'est un vin de grande garde à réserver aux amateurs patients, prêts à attendre une bonne décennie avant de le déboucher.
Le millésime 2020 de Château Figeac reste la plus grande réussite de la propriété, avec un 100/100 signé James Suckling et un 100/100 de William Kelley pour Wine Advocate, qui le considère comme le plus beau vin jamais mis en bouteille par le domaine. Le 2016 et le 2022 ne sont pas loin derrière, tous deux salués par la note maximale chez plusieurs critiques. Vous retrouverez toutes ces notes et les millésimes disponibles plus haut sur cette page.
Le vignoble de Château Figeac est planté aux trois cépages traditionnels de Bordeaux, cabernet sauvignon, cabernet franc et merlot, avec une dominante cabernet assez rare sur la rive droite : environ deux tiers de la surface en cabernets pour un tiers de merlot. C'est ce choix, voulu par Thierry Manoncourt, qui donne à Figeac sa structure et cette allure presque médocaine. Le second vin, Petit-Figeac, est vinifié à partir des mêmes parcelles et des mêmes cépages.
Les produits de Château Figeac